18
mai 10
Le texte est de Gaylord. Un difficile exercice que je lui ai donné cette fois puisqu’il avait pour contrainte, en plus de la photo, de faire un texte purement descriptif. Exercice passé haut la main!
NB: désolée je ne propose pas de traduction cette fois.
Le bateau était là, au milieu des herbes folles, avec pour tout tumulte le vent qui venait souffler une douce nostalgie dans la végétation, la nostalgie d’un temps passé, promis à de beaux espoirs, et qui n’accoucha que de sombres désillusions. La mer était loin. La mer comme un idéal inatteignable, trop lointain pour être vrai, tout juste un mirage.
Le bateau ? Pouvait-on cependant parler de bateau ? Ce n’était qu’une coque, rongé par l’usure du temps, qui grignotait lentement le bois. La pluie pourrissait lentement cette ébauche de navire qui ne combattrait jamais les embruns. Pour tout océan, des flaques sur le sol entourant cette vielle carcasse. Comme un animal mort en plein désert, ses côtes s’offraient au grand jour, signe fatal d’une destruction bien proche. Des membrures au bois gâté avaient bien été remplacées par des neuves, parce qu’il fallait bien faire semblant de lutter, mais ce n’était que retarder un affaissement total.
Pourtant on pouvait croire que le bateau voguait. En se concentrant, l’impression, l’illusion était presque miraculeuse. Il suffisait d’oublier la rumeur nostalgique soufflé par le vent, regarder ses herbes folles danser au rythme des rafales, imaginer que c’étaient des vagues. Sous ce ciel gris de nuages, un ciel qui se prolongeait loin, au fond, sur la mer, c’était parfait. Ce bateau n’était pas qu’une coque, qu’une ébauche. C’était l’illusion parfaite d’un bateau navigant dans la végétation.
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